De la méditation à la capture de l’âme : les Brahma Kumaris (1ere Partie)
De la méditation à la capture de l’âme : les Brahma Kumaris
A une personne qui m’est très chère et que j’espère voir bientôt autonome…
Partie I) La captation de la recrue
I) Le masque du développement personnel
A) Les cours et séminaires
B) Amener au cours de méditation du Raja Yoga
II) Les fausses références
A) la science
B) Le prétendue caution de l’ONU
C) Le Raja Yoga
III) La séduction
B) Les cibles
INTRODUCTION
Depuis une trentaine d’années, les personnes souhaitant donner un sens à leur vie recherchent des voies alternatives aux religions. Avec le mouvement de sécularisation, l’expérience à Dieu prend place hors du champ social, dans la vie privée.
Le sentiment religieux se construit sur le mode de l’expérimentation. L’exotisme des pratiques rompt avec la monotonie des traditions religieuses historiques et dépasse les clivages culturels en s’adaptant au contexte de la mondialisation et des échanges internationaux.
La liberté de choix, la quête de l’expérience religieuse, d’épanouissement personnel, de relaxation, de concentration rend l’individu vulnérable face aux sectes. Dans une secte, il y a deux niveaux : la périphérie et le centre. Dans la périphérie, le sympathisant a l’impression de ne tirer que des bénéfices de la fréquentation du groupe et des pratiques prescrites. Dans le centre, les adeptes sont endoctrinés et ne sont plus maîtres d’eux mêmes. La frontière entre les deux est ténue.
C’est ainsi que personnellement, je suis « tombée dans la secte des Brahma Kumaris », sans le vouloir. Au départ j’étais attirée par l’épanouissement des membres du groupe et sa chaleur. En le fréquentant, je ressentais du bien être. J’ai fréquenté les Brahma Kumaris durant 3 ans, plus ou moins régulièrement, à la périphérie. J’ai été accueillie très chaleureusement dans 4 centres, 3 en France et un à l’étranger. Au cours d’une visite que j’ai rendue à une personne très proche, elle même adepte, j’ai été à travers elle, « parachutée » dans le centre de la secte, durant 3 semaines. Je suis devenue très vite endoctrinée et j’ai eu du mal à me détacher du groupe. J’étais comme aspirée par une force irrésistible vers le groupe. J’avais sincèrement l’impression que je serais plus heureuse grâce à lui.
Lorsque enfin j’ai retrouvé ma lucidité et mon esprit critique, j’ai voulu comprendre ce qui s’était passé…C’est la raison de cet écrit.
Les Brahma Kumaris font partie de la seconde vague de sectes, qui se développe à partir des 1960’s et qui ont une empreinte orientaliste ou ésotérique, contrairement aux sectes précédentes qui, majoritairement chrétiennes, contestaient la doctrine officielle.
Etymologiquement, une secte, du latin secare : couper et sequi : suivre, est la scission d'une idéologie religieuse dominante. Mais le sens le plus courant que l'on donne aujourd'hui au mot secte, ou secte coercitive, est une "structure de groupe fermée, fondée sur la manipulation mentale, organisée autour d'un maître (gourou) et d'une idéologie. La secte vise à établir une différence qualitative entre les adhérents de la structure et les non-adhérents, et son but caché ou avoué est l'enrichissement du groupe ou d'une partie de celui-ci. Elle s'établit et se développe grâce à l'exploitation des manipulés par les manipulateurs et son action sur l'individu est susceptible d'entraîner des désordres physiques ou psychiques, réversibles ou non" (J.M. Abgrall dans La mécanique des sectes).
La secte des Brahma Kumaris ou Brahma Kumaris World Spiritual University a été fondée au Pakistan en 1937 par Lekh Raj qui régna de 1936 à 1969(date de sa mort) en qualité de gourou et prophète. En 1952, suite à la partition de l’Inde et du Pakistan, l’institution quitte Karachi au Pakistan pour s’installer au Mont Abu dans le Rajasthan indien.
Le premier centre Raja Yoga BK en occident s’installe à Londres en 1971. C’est à partir de ce centre que le mouvement gagnera l’Europe et l’Amérique.
L’organisation affirme aujourd’hui avoir environ un demi million de membres répartis dans 5000 centres dans plus d’une centaine de pays. Le nombre des adeptes non-Indiens est estimé à dix mille.
En France, il y a 15 centres de Raja Yoga et environ 200 membres actifs. Les centres sont situés à Lille, Rouen, Paris, Strasbourg, Nantes, Bordeaux, Bayonne, Toulouse, Montpellier, Avignon, Marseille, Toulon, Nice, Grenoble, Lyon.
Les BK sont une véritable multinationale qui a des moyens financiers énormes, une doctrine élaborée à travers des ouvrages multiples et de puissants réseaux de diffusion.
Beaucoup de personnes, attirés par la démarche spirituelle suivent les cours de méditation et de Raja Yoga des Brahma Kumaris. Mais cette quête de sens est détournée par la secte. En effet, cette dernière va récupérer l’expérience spirituelle et le lien à l’absolu que développe le sympathisant au cours des méditations pour inoculer des croyances qui signeront la perte de son autonomie.
La spiritualité implique un effort par lequel l’humain se fait conscience de l’absolu et amène à la libération. La métaphysique n’est pas affaire de foi. Elle n’implique aucune croyance. Or la secte détourne l’expérience métaphysique pour aliéner le sympathisant à la secte.
Les BK leurrent les personnes par les pratiques spirituelles dont ils se réclament.
Comment la secte parvient elle à faire des individus dotés d’esprit critique des pantins à son service ?
La recrue, attirée par les masques et les fausses références et séduite par le groupe suivra les cours de méditation du Raja Yoga puis les cours de Raja Yoga, aux termes desquels, endoctrinée, elle laissera la secte envahir sa sphère intime et s’isolera pour se réfugier dans sa nouvelle famille.
Partie I : La captation de la recrue
I) Le masque du développement personnel
Les cours et séminaires consacrés au développement personnel ont pour ambition d’amener le sympathisant à suivre les cours de méditation du Raja yoga, puis les cours de Raja yoga et à faire de lui un adepte.
Les BK utilisent des masques très attrayants afin d’enrôler de nouveaux adeptes.
Ils proposent plusieurs cours ou séminaires qui sont gratuits et promettent le développement de la confiance en soi, de l’estime de soi, la maîtrise de sa vie, l’amélioration des relations, le bonheur. La recrue est donc tentée par ces thématiques et elle est persuadée des bienfaits intellectuels et spirituels qu’elle en retirera. Le problème posé par ces cours n’est pas lié aux thèmes qu’ils abordent mais au fait que leur vocation principale, faire connaître les idées de la secte, n’est pas clairement exprimée. Ces cours ont en réalité pour finalité de faire rentrer l’adepte dans un engrenage dont il ne pourra plus sortir.
Les BK proposent quatre séminaires principaux intitulés : « la pensée positive », « l’estime de soi », « vivre sans stress » et «le self management et stratégie de vie ».
Ces cours ont lieu dans les centres raja Yoga mais également au sein des entreprises, dans le cadre d’une formation initiée par la direction du personnel, ce qui pose la question de l’infiltration des entreprises par la secte et du risque de manipulation mentale via la formation professionnelle. Ces programmes permettent également aux BK de se réclamer de la prétendue caution des grandes firmes.
« Le self management et stratégie de vie est un programme sophistiqué de développement personnel, mis au point par des consultants internationaux en stratégie d'entreprise et inspiré des plans mis en œuvre dans les grandes firmes par les départements Marketing ou Ressources Humaines et dont ils adoptent les méthodes et l'efficacité, au service d'une transformation individuelle. »[1]
Les BK organisent également des programmes touchant des personnes particulièrement vulnérables, dans les prisons, les maisons pour personnes âgées, les cliniques pour toxicomanes et les hôpitaux.
Dans les cours et séminaires, ils présentent la méditation du Raja Yoga comme permettant à chacun de « renouer avec sa vraie nature, grâce à l’émergence et à l’épanouissement de ce qu’il y a de plus profond en chacun. »
Le sympathisant est leurré par l’impression qu’il peut « retrouver le cœur de son être », « faire réémerger ses qualités innées », « son niveau de perfection originel »[2]
Croyant à un changement intérieur dont il restera maître, il ne se doute pas de la manipulation mentale qu’il pourra subir. Au cours du séminaire consacré au développement personnel il sera fortement incité à suivre les cours de méditation du Raja Yoga.
B) Amener au cours de méditation du Raja Yoga
Après avoir insisté sur l’importance capitale des pensées qui déterminent l’identité et la destinée de chacun, l’animateur du cours introduit une dichotomie : les pensées crées en « conscience de corps » sont « destructrices, malveillantes et tristes » tandis que celles créées en conscience d’âme sont « créatrices, aimantes et joyeuses ».
Si les pensées sont crées en conscience de corps, donc déterminées par les stimuli extérieurs, par les traits de personnalité, les tendances émotionnelles ou les habitudes, elles sont perdues ou négatives. Ces pensées sont critiques, « alimentées par la jalousie, la peur, la culpabilité, l’égoïsme, les attentes, la confusion et laissent une impression de vide. »
Tout le monde se reconnaît dans ce mode de création de pensées qui paraît si naturel, donc le discours de condamnation touchera un maximum de personnes.
Pour être positives, les pensées doivent être alimentées par l’Absolu qui est le Soi véritable.
Ce sont alors des pensées élevées, basées sur des valeurs spirituelles : sur la paix, la joie, la confiance en soi, l’appréciation des autres, qui génèrent une vision optimiste et de grandes qualités (compréhension, tolérance, amour inconditionnel, honnêteté, coopération).
Dès le premier cours, l’animateur BK introduit le choix obligé et la culpabilisation.
« Chacun a le choix de développer des pensées positives pour devenir une personne positive. » Mais c’est un choix obligé car le recruté perd de son libre arbitre.
L’animateur critique l’ « intellect faible qui cède devant le monde extérieur des sens et des objets et le monde intérieur des pensées, sentiments et traits de personnalité. »
Il introduit la culpabilisation en qualifiant la personne qui ne voudrait pas changer de « passif », d’ « esclave des situations extérieures », en la culpabilisant d’être en « pilotage automatique ».
La recrue a donc l’impression qu’elle ne peut pas générer de pensées positives et développer un lien avec l’Absolu si elle ne pratique pas la méditation du Raja Yoga.
De même, durant les cours, l’animateur BK radicalise les inquiétudes et dramatise la situation pour la faire apparaître comme fatale et sans issue sans une aide et des compétences extérieures. Il diabolise le stress qui « mine l’existence et prive du plaisir de la vie » ainsi que l’environnement « de plus en plus instable ».
A la performance, la compétition et la concurrence, les BK offrent l’alternative de la solidarité et de la chaleur humaine.
Plus l’insatisfaction de l’individu pour sa société est forte, plus il risque de s’engager dans le mouvement qui diabolise sa société. La secte est le symptôme d’un malaise social.
En définitive, l’individu qui suit les cours et séminaires aboutit à la conclusion fortement suggérée du caractère indispensable des cours de méditation du Raja Yoga, et ceci d’autant plus facilement qu’il a des griefs vis à vis de sa société. Il est leurré par les fausses références dont se réclame le groupe.
II) Les fausses références
Les BK présentent une façade rassurante en se prévalant de l’ONU, de la science et du Raja Yoga.
A) La caution prétendue de l’ONU
Les BK se targuent d’avoir obtenu le statut d’ Organisation Non Gouvernementale (ONG) de l’ONU depuis 1982, de membre consultatif auprès du Conseil économique et social de l'ONU, et auprès de l'UNICEF en 1989. Cette appartenance est exploitée dans ses brochures et dans les cours. De même, l’ONG met en valeur les nombreuses conférences « Pour la Paix Universelle » qu’elle a organisées dans le but de « Bâtir un édifice de Paix ».
L’USBK a obtenu un rôle consultatif auprès de l’ONU parce qu’elle a mis en œuvre des projets de paix. Mais elle a un rôle consultatif de second plan auprès de l’ONU, qui est sans rapport avec son message religieux. Beaucoup de sectes ont réussi à être présentes à l’ONU.
Le but est de faire croire que le mouvement est très important, qu’il est officiellement et mondialement reconnu pour son message spirituel. Le label ONU semble donner du crédit au Raja Yoga alors que l’ONU ne cautionne pas ses enseignements.
De même la secte se camoufle sous le couvert d’une association sans but lucratif et affichant des buts respectables : « L’organisation Mondiale des Brahma Kumaris (BKWSU) est une association loi 1901 à but non lucratif consacrée à l’élévation morale et spirituelle de l’humanité. Elle organise à travers le monde des conférences, séminaires, stages d’insertion dans les entreprises sur les valeurs humaines et morales pour le rapprochement des personnes, des cultures et des religions. »[3]
Les BK se donnent également des références faussement scientifiques pour mieux endormir la vigilance.
Les BK tentent de leurrer les recrues par les mots « science, université, recherches ».
Ils se proclamant « université mondiale », mais ils n’ont d’université que le nom.
Dans les brochures on peut lire : « Nos recherches ont modifié les notions modernes de temps et d’espace, résolvant des problèmes, qui continuent à déconcerter les physiciens. »
Or le RY ne s’appuie absolument pas sur la science, mais sur les révélations divines du fondateur. Il est basé sur la foi, les idées et non pas sur l’expérimentable propre à la démarche scientifique.
Les Bk se réclament aussi indûment du Raja Yoga.
Les Brahma Kumaris prétendent « enseigner ou remettre au goût du jour le Raja Yoga, technique de méditation indienne ancestrale », dont « dépendent » les mouvements spirituels indiens.
Ils présentent le Raja Yoga ou Yoga Royal comme « l’essence des différents yogas »: du hatha yoga, bhakti Yoga, gyan Yoga, karma Yoga, buddhi Yoga et sanyas Yoga.
Ils mettent donc en valeur la richesse du Raja Yoga et son caractère synthétique.
Cependant, leur enseignement n’est nullement assimilable au Raja Yoga traditionnel.
Si les BK se réclament tout comme le Raja yoga traditionnel de la pratique de la méditation ils n’en font pas un moyen d’émancipation et d’autonomie du sujet comme dans la tradition spirituelle indienne mais un instrument de dépendance à la secte.
Les BK appellent l’âme suprême Shiva, de la même façon que dans l’Hindouisme, ceci afin d’entretenir la confusion avec la religion hindoue. Mais si le Dieu des Yoga-Sutra, selon Patanjali, père du Raja Yoga, est un pur esprit qui n’intervient pas dans l’Histoire du monde ni directement ni indirectement, le Dieu des BK est supposé « éveiller les âmes et rétablir l’harmonie originelle à travers une grande destruction lorsque l’Humanité est à son niveau le plus bas. » Cette conception de Dieu entraînera une dynamique d’adhésion à la secte qui se présente comme l’arche de salut.
Puis habilement, les BK établissent une équation entre le yoga de la connaissance, qui selon la tradition indienne est basé sur l’étude des textes sacrés (Veda, Upanishads, Puranans, etc) et la « connaissance » qu’ils enseignent et qui est basée exclusivement sur les révélations du gourou.
Ce qui est appelé gyan est, en Inde, la connaissance de l'être suprême sous sa forme non manifestée, ses effets, sa nature. Le yoga de la connaissance indien a pour finalité la libération de l’individu qui sera affranchi de la réalité matérielle, de la pensée, de son identité individuelle grâce à la connaissance de l’être suprême. Au terme de l’ascèse par laquelle il se défait des liens qui constituaient son identité socio religieuse, l’aspirant à la délivrance prend conscience de l’unité de tout ce qui existe et fait l’expérience de la libération. Ce qui est appelé gyan chez les BK est la connaissance telle que l’a révélée le gourou, qui ne conduit pas à la libération de l’individu mais au contraire à son asservissement dans la secte. Ainsi, les BK se réclament et entretiennent une confusion avec le yoga indien afin de donner de la crédibilité à leur enseignement. La personne attirée par l’exotisme des pratiques (encens, musique indienne, nourriture indienne, pratique de la méditation) ne procèdera pas forcément au travail de recherche des sources et se laissera d’autant plus facilement entraîner que l’univers culturel lui est étranger.
En définitive, par des masques séduisants, la secte facilite la captation de la recrue.
Si les cours et séminaires sont accessibles à la rationalité, la manipulation s’opère par le registre de l’affectif et de l’émotionnel.
A) Un groupe chaleureux
Les adeptes paraissent rayonnants, gais, chaleureux, ouverts, respectueux des autres, compréhensifs, sincères par rapport aux gens de l’extérieur.
Ils émeuvent par leur sincérité et leur conviction. Ils témoignent de sympathie pour le nouvel arrivant, en s’intéressant à lui, à ses problèmes ce qui favorise le processus d’identification : « ce qui est bon pour eux peut être bon pour ce dernier ».
Ils soulignent les problèmes de chacun en s’appuyant sur des généralités et lieux communs (malignité du monde…), ce qui crée chez le néophyte l’illusion d’un partage d’idées et d’idéaux.
Ils font allusion à l’aide que pourrait apporter le savoir mystérieux du groupe, ce qui éveille la curiosité et l’espoir.
La recrue reçoit beaucoup du groupe : on lui fait tirer des cartes sur lesquelles figurent des bénédictions, on lui offre les repas durant les séminaires ou un « tolli » (une pâtisserie qui concentrerait toutes les énergies positives de l’ « âme » qui l’a réalisée) après une conférence ou un cours.
Se sentant redevable, elle n’est pas en mesure de s’imposer par des questionnements ou des résistances. Elle devient vulnérable à l’endoctrinement. Elle vient régulièrement car elle ressent des affinités et a envie d’approfondir la complicité liée à l’appartenance au groupe. Elle croit n’avoir aucune raison de se méfier. Les informations qui lui sont données ne lui permettent pas de ses faire une opinion réelle sur le groupe et sur les risques encourus.
Au début il n’y a jamais de contraintes : c’est elle qui demande à aller toujours plus loin.
Mais elle est leurrée car le but ultime des adeptes n’est pas d’établir une relation avec elle mais sa conversion.
Cependant, tout le monde ne tombe pas dans le piège. La secte a ses cibles.
B) Les cibles
Les techniques de recrutement et d’endoctrinement ne sont actives que sur des sujets à personnalité réceptive.
Lorsque les personnes ressentent un mal être, une insatisfaction de leur sort sans en connaître les causes exactes, elles se sentent incapables de trouver un remède par elles mêmes. Elles deviennent donc réceptives à un discours paranormal qui pourrait convenir à ce qu’elles ne peuvent expliquer de façon rationnelle.
La population cible idéale est formée de personnes dépressives ou en rupture avec le lien socio familial et chez lesquelles le sentiment d’inadéquation à l’environnement habituel suscite une recherche de solution de substitution.
Certaines phases sont plus propices à l’entrée dans une secte : les périodes conflictuelles, l’échec professionnel, le divorce, le deuil, la maladie, les difficultés financières, le chômage… Ces situations déstabilisantes sont génératrices d’angoisse et fragilisent l’individu car elles correspondent à une perte de liens qui l’unissent à son monde. Face à l’angoisse de ne plus savoir à quoi se raccrocher, elles l’incitent à se relier à un au delà de soi, à une transcendance.
La perte de foi en l’avenir, en soi même, en un idéal quel qu’il soit amène la recherche d’un refuge. La secte offre un nouveau point de référence par rapport à un environnement qui se délite. L’idéologie sectaire tente de répondre, souvent de manière mensongère, aux aspirations existentielles et aux idéaux spirituels.
Il est rassurant de partager des certitudes, un « nid sécuritaire de convictions » pour fuir le doute et l’angoisse provoqués par le monde extérieur, de trouver un but, des convictions solides et indiscutées, un groupe dans lequel on ait un rôle à jouer, dans lequel on ne soit jamais seul face au doute et à la peur.
Les personnes les plus facilement séduites ont un idéal assez élevé, sont sensibles au charisme des gens qu’elles rencontrent et sont disponibles. Les personnes les moins réceptives sont peu enclines à se limiter à un engagement unique et plutôt ouvertes à une grande diversité d’investissements.
En définitive, l’universalité et la chaleur du groupe qui s’opposent à l’individualisme ambiant est un très grand appât pour les personnes réceptives, leurrées par les masques du développement personnel et les fausses références dont se réclame la secte.
Une fois que la cible est attirée et séduite, il faut réussir à la retenir durablement c’est à dire à rendre docile et consentante la personne qui à l’origine était dotée d’esprit critique : la secte y travaille à travers le cours de méditation du Raja Yoga.